Notes de voyage

Posted on Tuesday 8 April 2008

Première version de mes notes de voyage ci-dessous. Elle devrait évoluer avec les corrections et ajouts à venir, et peut-être même une sélection de photos. Attention : long et personnel, passez votre chemin si c’est pour dire “on s’en fout”.

Edit :
Les photos en ordre chronologique :
http://picasaweb.google.com/skavgosu/Japon2008

samedi 15 - dimanche 16
Rouille dans l’avion. Le repas japonais est mauvais, alors que le plat européen de mon voisin semble si appétissant. Je travaille mon japonais pendant la moitié du voyage, et tente sans succcès de dormir pendant le reste.
Arrivée à Tokyo. Je suis frappé par la laideur du paysage urbain, les forêts de poteaux électriques, les maisons et immeubles sans âme. Les gens semblent vivre dans des surfaces ridicules. Arrivée chez notre hôte, que nous nommerons Chuck, trader dans une grande banque française. Grand appartement dans un immeuble au coin d’Omotesando dori et Meiji dori, à Harajuku. Nous allons nous balader à SHibuya (10 min à pied), découvrons avec plaisir le café de GITS, devenu un Starbucks, et retrouvons Chuck à diner dans un Izakaya du coin. Repas bien arrosé avec 5 pichets de bière pour 5 buveurs, et deux amies de Chuck, une japonaise et une roumaine. La japonaise reste avec lui pour la nuit. Contrairement aux villes européennes Tokyo se vit aussi verticalement, avec des boutiques dans les étages et à la cave pour les zones les plus denses. C’est d’ailleur en hauteur qu’on trouve souvent les restaurants les plus intéressants et sans touristes.

lundi 17
Nous sommes tous debout vers 4h, on se retrouve dans le salon pour deviser. Petit-déjeuner acheté au kombini du coin, avec comme objectif personnel les trucs les plus bizarres : brioches au melon, au cheesecake, onigiri au thon, barre caramel au beurre salé … On part pour Nikko avec en route un petit tour dans Asakusa, quartier un peu traditionnel mais reconstitué et regorgeant de touristes. Comme en Chine l’âge des murs est très secondaire pour les japonais, qui privilégient l’histoire et les traditions attachées au bâtiment, tant qu’il est un minimum ressemblant. Les temples en béton nous choquent, pas eux. Le super express se traine pendant 2 bonnes heures. Arrivée à Nikko sous un ciel gris et une ambiance humide parsemée de quelques petites pluies. Repas de ramen et curry dans un petit resto typique. On manque d’attraper la crève en tentant d’attendre le bus pour le lac d’à côté, pour finalement renoncer après 30min au mauvais arrêt. Retour épuisés dans le train, on se couche vers 20h après un sushi tournant.

mardi 18
Journée Kamakura, on on prend le train vers 9h après un réveil difficile. Aujourd’hui il fait beau, ce qui change complètement l’atmosphère. Repas dans un resto italien qui fait des spaghettis à la mode japonaise. La ville est mignonne, les temples bien, mais fin lose avec le chemin de randonnée qui se révèle bloqué avant les endroits intéressants et nous envoie dans un bled perdu. Bizarrement on n’aura jamais réussi à avoir de point de vue agréable de la ville dans son ensemble ainsi que de la mer. On finit par tomber au hasard sur une gare de la ligne Oden : retour par le train vers l’ouest de la côté, on rouille un peu sur la plage avec un vieux monsieur, son chien et quelques filles de passage avant de rentrer sur Tokyo.

mercredi 19
Journée Tokyo. On part à pied à côté de chez nous dans Yoyogi, puis traversons le sanctuaire meiji. Suite entre les gratte ciels de Shinjuku, en haut de la tour de la mairie qui donne une vue magnifique (ou horrible selon le point de vue). Rues louches de Kabuchiko, Golden Gai, les autochtones nous observent d’un air méfiant. Excellent ramen trouvé au hasard. Transfert à Ueno sous la pluie, visite du jardin, du musée national, puis transfert à Akihabara. Objectif meido café et shopping otaku, on suit un prospectus sans trop regarder pour se retrouver dans un salon de massage. Les meidos nous regardent avec un air géné, sans doute peu habituées aux gaijins ou aux groupes de 4… On change de lieu, pour tomber par hasard dans un goth café bizarre. On boit un coup, c’est cher, ca sent les clopes, et les autochtones nous regardent aussi d’un air bizarre. Arrivée finalement dans un vrai meido café. Pour y arriver il a fallu traverser en jouant des coudes un magasin bizarre de goodies d’animes et poupées gonflables, pour monter au dernier étage dans un ascenseur a l’aspect dangereux. Surprise, c’est décoré avec goût, les meidos sont presque mignonnes, le lieu est fréquenté par des femmes et des filles à l’allure respectable, la clientèle masculine ne fait pas honte non plus. Ajoutons que leur thé était plutôt bon et pas cher, et nous n’avons pas trop été importunés avec des formules de politesse alambiquées. Légère déception, finalement ce n’était pas très glauque. Retour chez François et petite sieste préparatoire pour LA soirée. On retrouve qq collègues de sa banque, allons manger dans un petit resto de roppongi, puis club juste à côté : le A971, clairement une boite à chopper du gaijin, avec environ 2/3 de mecs blancs, principalement ouvriers de la finance, et 1/3 de filles japonaises. Beaucoup de bruit, contact facile, ambiance de supermarché à viande féminine, que je n’apprécie pas du tout. Je suis le seul à rentrer avec le dernier métro à 0h30 (mais avec une carte de visite). Je dois dire que, là, c’était sportif, les images de transports japonais que tout occidental redoute, et auxquelles nous avions jusqu’alors échappé. Je remercie le ciel d’être grand et fort (selon les canons japonais), j’aurais été étouffé sinon. Mes camarades rentrent vers 4h, après avoir taté de la japonaise (sauf Clément), mais sans avoir pu aller plus loin.

jeudi 20
Lever très difficile entre 10h et midi selon les gens, on glande avec les deux japonaises qui logeaient chez Chuck cette nuit-là. La pluie continue à nous casser le moral, on abandonne les parcs, le palais impérial, pour se diriger vers Odaiba, ile principalement artificelle au milieu de la baie de Tokyo. Ambiance morose, la pluie continue de tomber avec un vent violent, nos malheureux parapluies à 105Y sont à l’agonie. Trajet magnifique sur le train local, qui traverse le rainbow bridge avec vue sur la baie. Odaiba est le coin typique où le tokyoite vient faire ses courses, cinémater et s’ amduser avec ses enfants le week-end, ou les jours fériés comme ce jeudi. Direction un centre commercial local, on se dirige un peu au hasard vers un restaurant de grillades qui se révèle excellent, comme d’ailleurs tous les restaurants croisés jusqu’ici. Nous nous réveillons et reprenons des couleurs, même si Clément est malade. On glande un peu dans le centre commercial, les chaussures sont abominablement chères, les vêtements chez Gap nettement moins, et la forme revient chez Clément, insuflée par son chromosome féminin caché. Suite, toujours sous une pluie battante, vers le Miraikan, cité des sciences locale, qui nous émerveille ainsi que les petits japonais. On enchaîne, sous la pluie, vers le Mega Webb, grande salle d’exposition de Toyota, avec là encore plein d’attractions rigolotes et pédagogiques. Retour au bercail vers 19h, sieste pour les fatigués (Clément et Vincent), Eric part retrouver une amie, et je m’en vais acheter un téléphone avec Chuck, qui est rentré tôt du boulot ce soir. En théorie il est interdit aux étrangers sans carte de séjour d’acquérir des téléphones au Japon. Ce que les petites boutiques moches d’Akiba nous ont refusé, le Softbank (2è opérateur japonais) d’Omotesando a accepté sans poser de questions, avec juste une photocopie du passeport. On glande jusqu’à minuit avec Eric, je commence enfin ce journal, et éteins vers 1h. Sommeil difficile, comme d’habitude.

vendredi 21
Lever à une heure scandaleuse, 7h, pour faire les bagages, ranger, déjeuner, et prendre le shinkansen de 9h direction Odawara. Surprise, encore une paire de chaussures féminines dans l’entrée. Le shinkansen est particulièrement spacieux, avec une vue agréable et plein de place pour les jambes. Arrivée à Odawara, location d’une voiture dont le loueur montre méticuleusement tous les pets de mouches sur la carrosserie. La conduite à gauche rentre peu à peu chez Vincent, nous ne raclons pas trop les trottoirs, et atteignons Hakone après une bonne heure de route tortillarde. Evidemment on ne voit pas le fuji, la journée étant nuageuse, juste un petit coin qui dépasse en dessous. Petite marche a coté du lac, dans le coin du péage du Tokaido. On redescend sur mishima, où nous nous posons dans un soba. Tempura soba fort bon, et milles excuses lorsque nous demandons s’ils ont du café. Ils iront nous en faire et il sera offert ! Départ vers le sud, dans les embouteillages entre Mishima et Shuzen-Ji. Shuzen-Ji est une petite ville thermale adorable, avec quelques temples, des vieilles maisons, des forêts. On flane. Les routes s’avérant plus longues que prévues nous revoyons nos ambitions à la baisse et nous dirigeons vers Ito, à l’est. Le Ryokan est laid, mais la chambre est magnifique. Nous nous dirigeons dare-dare vers l’onsen de l’hotel, qui se révèle particulièrement agréable. Diner dans un Izakaya avec des poissons bizarres. Eric fait son nain “vous me piquez dans mon bon plat alors que vous avez des mauvais”. Je pars seul pour une petite marche dans la ville, agréable mais complètement déserte, pour retrouver mes compères endormis 30 minutes plus tard. Sommeil difficile comme toujours, plusieurs réveils, mais enfin une nuit d’une longueur acceptable.

samedi 22
Petit déjeuner au ryokan, suivi d’une longue trempette dans l’onsen qui a changé pendant la nuit, les bains des hommes et femmes changeant chaque jour. Nous bénéficions donc d’un adorable rotenburo (bain en plein air). Départ à 10h vers le sud, côte de Jogasaki magnifique, ballade sur le pont suspendu. On continue vers le sud le long de la mer pour atteindre Shimoda à midi. Tout semble mort ce samedi midi, on trouve enfin une auberge ouverte, qui servira des plats de poisson décevant les attentes de steak-frite de certains, mais pas les palais. Nous goûtons pour la première fois aux joies des restaurants à la japonaise, avec les jambes qui ne sont jamais confortablement installées. Petite balade à pied dans la ville, dont les quartiers ouest sont adorables, et reprise de la voiture le long de la côté sur une route minuscule. On se pose sur une grande plage de sable blanc populaire auprès des surfeurs pour digérer. Re départ vers l’ouest, arrêts divers pour les points de vue, route abominablement tortueuse le long de la côte entre les collines. Le camion devant nous pendant une vingtaine de kilomètres nous impressione par sa vitesse, sa maîtrise des virages et de l’espace latéral, notamment par quelques croisements très périlleux. Arrêt à Matsuzaki, ville portuaire assez laide et qui respire la pauvreté par rapport au reste des endroits visités. Marche le long de la plage, autour d’un gros rocher, recherche infructueuse de baume à lèvre, et finalement la brume descend juste avant le coucher de soleil que nous attendions. Retour à Shimoda par la route des terres, arrêt à notre Ryokan, qui est magnifique et dispose lui aussi de ses Onsens. Banquent “Kaiseki” monstrueux de poissons et fruits de mer, qui nous cale bien entre deux bains. Il est 23h, je suis depuis longtemps le dernier debout, il est temps d’aller dormir.
Première vraie nuit, dans une couette merveilleusement douce, et dans une atmosphère fraiche.

dimanche 23
Lever très raisonnable à 8h, déjeuner là encore servi dans une salle privée, avec plein de poissons et de trucs louches très bons. Tour de rigueur à l’onsen, puis départ en voiture. Nous vivons la seule “double spirale” au monde dans la route de la vallée. Suite sur la “skyline”, route des crètes avec vue magnifique des deux côtés, puis autoroute de la côte, càd un gros bouchon sur 10km entre Atami et Odawara, qui nous prendra seulement 2h30, et pas moins de 5000Y pour le retard au loueur. On rouille un peu en attendant le shinkansen, en mangeant des pizzas, puis arrivés à Nagoya on rouille aussi en attendant le train suivant. On s’occupe avec le jump oublié par un voisin. Captain Tsubasa (Olive et Tom) est toujours en cours ! Arrivée tardive 8h à Ise. Petit Ryokan poussiéreux mais adorable tenu par deux petites vieilles. Diner Kaiseki qui pour une fois est relativement simple, à la grande joie de certains.

lundi 24
Départ pour les inner et outer shrine d’Ise. On ne voit en fait pas grand chose des shrines, mais les parcs sont agréables. On croise une petite vieille bizarre qui nous raconte sa vie et nous accompagne pendant un certain temps. Après midi départ pour Nara (2h de train), visite du parc avec ses daims, qui sont en fait des gros pigeons sur patte. Environ une heure de trajet à enchainer des calembours avec “daim” et “cerf”.
Train vers Kyoto, où l’on rencontre une dame bizarre (encore !) qui nous raconte sa vie. Arrivée à kyoto, notre ryokan est super sympa, juste devant le kodai-ji, avec vue magnifique depuis nos fenetres.

mardi 25
Lever très tardif, petit déjeuner à 11h, allez retours entre la laverie, le ryokan et le cybercafé 20min plus loin à Potcho. Sous un soleil magnifique. Finalement à 15h après avoir mangé on n’a plus trop le temps pour les temples au loin, donc on va vers ceux voisins, Kodai-ji, Kyomizu, avec pour objectif de voir le coucher du soleil. Il y a une foule assez pénible, des boutiques pour touriste partout, et le soleil se cachera derrière la brume 15 minutes avant son coucher. On rentre par la rivière aux canards et allons manger un shabu shabu dans un restaurant sans un seul touriste au 7è étage d’une tour à Potcho.

mercredi 26
Lever moins tardif et départ en bus (40 min) pour les temples du nord-ouest de Tokyo. Le pavillon d’or est joli, mais l’impression qui domine est d’être digéré par une machine à touristes bruyants qui les ponctionne à l’entrée, les ballade sur un parcours par ailleurs très joli, et les recrache à la fin. Décommandé en période de pointe, le pavillon d’or est sans doute magnifique à l’ouverture ou hors saison. On marche 20 bonnes minutes pour arriver au Ryoan-ji, dont l’attraction principale est le jardin zen. Je m’attendais à ce que cela soit assez surfait et, surprise, absolument pas. Le jardin zen exerce une fascination hypnotique qui diffuse la paix intérieure encore mieux qu’un onsen. Après 20 minutes de contemplation nous émergeons, finissons le jardin, et nous dirigeons au hasard vers le sud pour trouver un restaurant. Ce sera, après beaucoup de marche, un ramen/donburi populaire au rapport qualité/prix imbattable. Vincent nous abandonne pour aller retrouver son ex famille d’accueil à Koka, et nous visitons un quartier entier de temples dans le coin. Surprise, quasi pas de touriste, quasi uniquement japonais, les visites se font dans un calme particulièrement agréable après les bains de foule des grands temples précédents. Suite au chateau de Kyoto, dont on visite l’intérieur et les jardins. Fin dans notre quartier de Gion, dont on découvre la beauté cachée.

jeudi 27
Lever à 7h pour partir en voiture vers Iga et son village ninja. Route très chargée et pénible, nous arrivons vers midi à Iga. Visite du château et du musée ninja. Démonstrations pour les enfants qui nous ravissent, avec “vrais ninjas” et bruitages en direct. Suite direction lac Biwa, avec diminution des ambitions le long des routes tortueuses. Nous finisssons par couper et nous ballader dans le coin de Otsu, le plus proche de Kyoto. Retour via la montagne Hiei, qui contrairement aux espérances n’a aucun point de vue digne de ce nom sur son côté ouest (Kyoto) ou est (Biwa), tous les endroits intéressants étant occupés par des villas aux parkings bien garnis de posche et mercedes. Partie de coinche au retour et coucher raisonnable.

vendredi 28
Lever de mauvais pied malgré une nuit longue agréable, et petit déjeuner à 11h. Journée location de vélos. La conduite est assez sauvage, entre les voitures sur la route et les piétons sur les trottoirs, et fatiguante en raison du relief prononcé. On suit le côté est de la ville le long des collines depuis notre Ryokan, pour arriver au pavillon d’argent. Même sensation de machine à touristes que le pavillon d’or, en un peu moins prononcé. La pluie nous menace avec des gouttes insistantes, le vent froid nous gèle les mains, et nous retournons rendre les vélos vers 15h. Dix minutes plus tard la pluie s’arrête, 20 minutes plus tard le soleil brille dans un grand ciel bleu. Nous nous dirigeons à pied vers la gare, une bonne heure de marche. Visite de la gare, de la galerie panoramique, et des gigantesques grands magasins inclus. Clément trouve enfin son jeu de MahJong (jeu très connoté Yakuza ici), le dernier caché dans un coin du rayon jouets. Diner d’Okonomiyaki à 18h, alors que des foules font déjà la queue pour les meilleurs ramens du coin. Retour abominablement tôt au ryokan, on enchaîne sur 2h de coinche. Les “clubbers” (tous sauf moi) vont boire un coup vers Pompotcho, je m’arme de mon appareil pour une dernière marche nocturne dans notre quartier, sans doute le plus beau de Kyoto, dont à mon goût nous n’avons pas assez profité. Ballade magnifique de 2h jusqu’à Kyomizu, dont le perron est malheureusement fermé pour préparer le festival des jours suivants. Trois gardes courent vers un intrus alors que j’hésitais à mettre en pratique mes techniques de ninja. Tous les festivals de kyoto ne commencent malheureusement que dans les jours suivants, en effet le hanami nous a évités à Kyoto, avec un temps assez maussade sur cette fin de mars. La moitié des cerisiers sont blancs, c’est magnifique, mais ce n’est pas encore LE hanami. Scène japonaise : à 22h une équipe d’une quinzaine d’ouvriers s’affaire à remplacer les dalles d’une petite rue, 4 gardes armés de sabres lasers dirigent avec précaution les piétons. De l’autre côté, au sanctuaire de Gion, les jeunes ont commencé à faire la fête sur les grandes baches. Retour à 23h au ryokan, et coinche jusqu’à 1h.

samedi 29
Lever difficile à 8h, déjeuner qui traine, nous ne sommes qu’à 10h à la gare de Kyoto. Les tenantes de l’hotel nous demandent du cash malgré le panneau visa, ce qui nous confirme dans notre impression mafieuse du quartier (grosses voitures dans des villas reculées, murs avec fil de fer barbelé). Direction Osaka, puis Shin-Imamiya, puis Gokurakubashi, puis funiculaire, puis bus pour arriver à Koyasan. Le trajet est joli mais long. Finalement à 14h30 nous posons nos valises à notre temple (à Koyasan on dort dans les temples) et enchainons sur un bon gros shokudo en centre ville. Le moine de notre temple est hilare, semble-t-il devant son accent anglais abominable, dont nous comprenons encore moins que son japonais. Visite du temple central du boudhisme Shingon, avec des peintures murales magnifiques, un jardin zen magnifique, et un moine jovial qui sermonne (?) autour du thé sur le sens de “itadakimasu”, faisant régulièrement s’esclaffer l’assemblée. La guide japonaise d’un groupe de japonais vient à notre secours et nous explique au fil du sermon. Suite à pied vers le cimetière, qui est gigantesque et crée une ambiance extraordinaire avec ses grands pins. Déception au temple Okunoin, qui a effectivement 10000 lanternes, mais électriques. On y croise aussi 50000 petites statues de Boudha nommées et numerotées. Retour à pied au temple, et dîner végétarien étonnement bon à 17h30. Bain, puis dodo probablement à 20h. J’ai tellement été captivé par l’ambiance du cimetière que je pensais y retourner après le repas pour le parcourir dans la nuit, mais le froid glacial et ma toux sèche ont eu raison de ma témérité.

dimanche 30
Lever matinal à 6h pour l’office de 6h30. Le thermomètre dans les couloirs du temple annonce 3°. L’office est boudhiste shingon, les deux moines du temple psalmodient dans une salle remplie de statues et éclairée à la bougie, renforcés par gongs et cornes. Petit déjeuner végétarien puis départ vers Himeji. 4h de route au total, pour arriver à 12h30 à Himeji, sous la pluie. Curry passable dans un restaurant fumeur de la gare. On visite le château sous une pluie drue. Départ à 16h vers Hiroshima, debouts dans un wagon fumeur bondé, mais pour seulement 50 min de route. Premier hotel occidental du voyage, et lan dans les chambres ! Trois parties de coinche plus tard il est 22h, on va chercher du picnic au kombini du coin. La météo anonce beau pour demain, on décide de rester deux nuits plutôt qu’une s’il avait plu.

lundi 31
Départ en train vers miyajima guchi, puis ferry vers miyajima. Il fait beau mais frais, avec pas mal de nuages. Tour à pied rapide dans le centre de la ville, puis téléphérique vers le sommet de l’ile, le mont Misen. L’ile de Miyajima est remplie de cerfs qui sont les équivalents des daims de Nara. Sous nos yeux ébahis l’un d’eux choppe un prospectus dans la poche d’un touriste et le dévore. Le sommet est rempli de singes, des petits macaques japonais. Du haut la vue est magnifique sur la baie d’Hiroshima et ses îles. On monte encore plus haut le long d’un sentier assez sportif, pour le sommet du mont Misen. Vue encore plus magnifique. Redescente, et déjeuner dans un Shokudo en centre ville. On se sépare en deux groupes : Vincent et Eric rentrent à Hiroshima voir le mémorial pour la paix, Clément et moi restons visiter le centre ville : temple des 1000 tatamis, sanctuaire shinto, et ballade dans les collines. On rentre à Hiroshima par le tramway, et arrivons au mémorial 5 minutes trop tard pour les dernières admissions. Visite du parc de la paix, et retour à pied à l’hôtel. Dîner dans un kaiten sushi de la gare. Deux parties de coinche, et dodo.

mardi 1
Je suis le seul à me lever tôt pour aller au mémorial. Retour à l’hôtel, puis Shinkansen vers Fukuoka. Dépôt des bagages au ryokan, qui est une petite maison traditionnelle perdue entre les buildings, puis déjeuner dans un shabu shabu délicieux, copieux, et scandaleusement peu cher. Petite ballade dans la ville, qui n’a rien d’exceptionnel, dans le quartier chaud (certains prennent leurs marques), en haut du building trompeur qui colle le vertige à Clément.
A 16h passe devant nous un cortège de costumes et tailleurs, qui vont s’installer picniquer un peu plus loin.
Un peu plus tard nous sommes abordés par des schoolgirls, qui tentent douloureusement de pratiquer leur anglais. Leur professeur vient à leur rescousse, mais elle a un drôle d’accent et nous comprend difficilement. Séparation en deux groupes, ceux qui vont rouiller au centre commercial, et celui (moi) qui se ballade en ville. Diner au ryokan, entre deux parties de coinche.

mercredi 2
Journée voiture. Départ matinal vers le mont Aso, que nous atteignons à 11h après une route assez rapide. Le mont Aso est une grande caldera de 50km de diamètre, avec le volcan actif au milieu. Montée en voiture en haut du volcan actif, où le vent nous gèle, la fumée blanche qui pue le soufre cache le cratère. Après quelques minutes de marche dans un paysage lunaire, peu avant que nos oreilles glacées se détachent de nos têtes, la fumée tourne et nous pouvons admirer le lac bleuté au fond. Déception pour tous ceux qui espéraient voir des coulées de lave. Redescente dans la ville, où le bon restaurant est fermé, remontée vers le nord de la caldera où nous nous arretonssto routier pas terrible, mais avec une vue magnifique. Suite à Kurokawa onsen, petit village à Onsen dans la montagne. On choisit un onsen qui a l’air d’avoir une eau bleue sur la carte postale. Arrivé dedans, l’eau n’est pas particulièrement bleue, mais nous brule douloureusement avec ses 57.5°c, ce qui malgré tout est assez agréable après les gelures de ce matin. Pas pour tout le monde. Départ vers Beppu, ville du vice et des sources chaudes partout, la fumée sort même des égouts. Passage par les pièges à touristes locaux, les “enfers”, qui sont des sources chaudes colorées, avec force fumée crachée par des bouches à côté. Tout le monde est fatigué, les fameux onsen de Beppu ne tentent pas grand monde, retour donc à Fukuoka.

jeudi 3
Grasse matinée, glande dans le centre commercial, déjeuner hamburgers, puis départ vers l’aéroport. Notre avion pour Okinawa est annulé, nous sommes redirigé sur un vol un peu plus tard avec 1000Y en cadeau.
Nous nous posons dans un café de l’aéroport avec plein de jus de fruits. A coté de nous une lycéenne se fait souhaiter l’adieu par ses amis avant de partir au loin. Clément a tenté sans succès d’envoyer une lettre. Les enveloppes disponibles dans la seule boutique de l’aéroport sont trop petites pour les cartes postales, et le pliage à la main se révèle plus ardu qu’espéré. Coinche jusqu’au départ. On lutte à Naha pour trouver un restaurant qui nous convient, sur une grande avenue qui évoque un croisement entre Tokyo et Miami.

vendredi 4
Drame, il fait moche. On prend la voiture alors qu’un coin de ciel bleu prometteur se libère. Visite du château reconstitué de Naha à Shuri. Autoroute jusqu’au milieu de l’île, puis route de la côte vers le nord, direction le parc maritime ainsi que sa plage. On traine un peu sur la plage, partagée avec qq familles de japonais, peu motivés par le ciel gris et l’eau pas très chaude. On traine dans le parc pour trouver un restaurant à notre convenance, on hésite à visiter l’aquarium, pour finalement reprendre la route et se décider pour un pique nique kombini. La route est très agréable, malgré le ciel gris. On se balade dans le coin d’un barrage, puis dans la mangrove voisine et sa piste de jungle. Retour au ryokan. Dans la journée on a croisé un camion de propagande anti-américaine, qui semblait plutôt d’inclination pacifiste.

samedi 5
Il fait toujours ce ciel gris, avec en plus une chaleur humide et étouffante. Direction l’aéroport pour essayer d’avancer les billets et passer l’après-midi à tokyo. Perdu, tout est plein, on retourne se promener en ville, dans le jardin chinois du coin. On nous demande encore d’un air suspicieux si on est américains, et les visages s’ouvrent lorsqu’on annonce notre francitude. Suite à la plage de Naha, qui est vraiment petite et moche, sous une route, avec une bretelle d’autoroute en construction juste devant. Retour à l’aéroport, repas dans un restaurant chinois moyen, et coinche jusqu’au départ.


9 Comments for 'Notes de voyage'

  1.  
    19 May 2008 | 18:50
     

    [...] Évidemment, vous vous fichez de l’endroit où je passe mes vacances, surtout si ce n’est pas en Moonland, et je n’ai de toute façon jamais la patience de tenir de carnet de voyage. Soyez donc sans crainte : je n’infligerai l’inventaire commenté de mes photos de vacances qu’à ma petite famille (et seulement quand j’aurai pris le temps d’écarter les clichés de jeunes Hong-Kongaises en uniformes d’écolières, ça pourrait sembler suspect). Mais beaucoup d’autres davantage. [...]

  2.  
    18 June 2014 | 10:50
     
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  6.  
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