(Visited 1170 times) Posted on Monday 25 June 2007
Ceci est une réponse à un article du quartier-libre ratonesque signé de Nixou (oui, l’autre fan de logh). En résumé : les otakus qu’on croise par ici sont des pédants stériles. Oh, un troll, jetons-nous-y avec gourmandise, cela fera plaisir à l’auteur et je me dois quand même de défendre “mon” aggrégateur ainsi que ma haute opinion de Death Note.
Je passe sur les abondantes manoeuvres de connivence idéologique dans l’article, qui ne méritent pas de commentaire de ma part.
Le fond de la question pourrait presque se résumer à un bête mécanisme vieux comme le monde, qui n’a absolument rien à voir avec les otakus : les enfants devenus adultes gardent en partie les goûts douteux de leur enfance, et amènent à la lumière du grand public ce qui était autrefois des niches culturelles. Du coup, prenez l’article en question, remplacez par n’importe quel sujet et les références culturelles correspondantes, et obtenez un truisme assez médiocre : les jeunes cons deviennent en général des vieux cons. Merci de nous le rappeler.
L’article pose néanmoins, sans esquisser l’ombre d’une réponse, la question très pertinente de la comparaison entre loisirs, entre divertissements. Il a du échapper à l’auteur que c’est une des principales problématiques sur ce blog “de relations de raton”, d’essayer de dépasser les comparaisons arbitraires “X est mieux que Y”, ce qu’il finit d’ailleurs par faire. Pourquoi regarder des dessins animés japonais plutôt que, par exemple, lire de la littérature française ? Je vois deux explications :
- Tous les “divertissements” se valent à peu de choses près, à condition d’avoir le bagage culturel nécessaire pour l’apprécier. Ce bagage s’acquière d’autant plus vite qu’on a de l’adaptabilité mentale. D’où le phénomène observé, une distribution aléatoire des divertissements lors de la jeunesse, avec sans doute un biais pour la nouveauté et l’originalité, qui se sédimente peu à peu avec les années.
- L’approche inverse à ce relativisme libéral : il y a, derrière le terme fâcheux de “divertissement”, des vraies valeurs pures, normatives et universelles, qui se trouvent souvent s’opposer à la marchandisation du loisir qui justement n’en a pas en propre. La tradition de l’école de Francfort, très présente parmi nos intellectuels et chez Télérama. Ce n’est pas faute d’en avoir abondamment goûté en cours, mais je n’adhère pas vraiment. Malheureusement cette approche nécessite de poser comme hypothèse des valeurs qu’on n’arrive pas à déterminer sans biais, et qui finissent toujours par boucler sur ses préférences. En termes anti-rawlsiens, le voile d’ignorance n’existe pas en pratique.
Et là, le lecteur attentif de s’écrier “oh, mais quel magnifique exemple de branlette intellectuelle !” Et justement, non. C’est bien gentil de brocarder les vieux cons avec la légitimité de la jeunesse, mais il se trouve qu’il y a déjà eu un certain nombre de gens qui ont réfléchi aux mêmes questions, et, miracle de la culture humaine, on a en général retenu les réponses les plus intelligentes.Du coup, avant de crier sa rage et défoncer des portes ouvertes, le jeune contestataire avisé n’oubliera pas de réviser ses classiques. C’est aussi ce qui permet, a posteriori, de justifier l’approche normative : les résultats qu’elle a engendrés permettent de comprendre beaucoup plus que ma première explication, même si elles collent nettement moins au résultat.
Après, pour ne pas oublier le casus belli, Death Note est une anime qui fait réfléchir comme tout bon policier. Je ne lui ai pas prêté de hautes visées philosophiques. Et les lignes du dessus concernent justement toutes les séries que j’apprécie comme des divertissements sans prétention.
L’approche que j’ai voulue pour Blogchan est de regrouper des blogs qui apportent quelque chose au lecteur. Que ce soit une réflexion profonde, ou pas, des avis un minimum construits sur des séries, de l’humour, des trouvailles, des anecdotes originales, on y croise vraiment de tout, mais en tout cas plus que le “Naruto 375 release DL ICI” ou “oué l’ep 375 trop dla bal naruto ildéchire sa reum. Vla une image qui poutr avec” du “blog” français typique sur l’animation. J’exagère à peine. Effectivement, par rapport à cela, blogchan peut se toucher un peu la cheville.
J’espère bien voir des contre-trolls
.


J’ai lu en diagonale et j’ai rien compris.
Ce qui veut dire qu’il ne faut pas lire en diagonale si tu veux comprendre. -.-
Je rentre présentement de soirée plutot arosée, donc il m’est a fortiori impossible de répondre de maniere construite et ne serait-ce qu’un peu intelligente. D’autant plus qu’il me faudrait consulter au préalable une amie qui fait des études de psychologie pour arriver a trouver des arguments du même ordre d’idée et le même genre d’élucubrations abracadabrantesques qu’aussi bien Skav que le troll originel (la flemme de scroller jusqu’au haut de la page, j’avoue, dsl) nous ont pondu ^^
Néanmoins, je pense que l’otake moyen n’est pas franchement élitiste, il est même tout le contraire puisqu’il a généralement à coeur de partager ses gouts, sa passion, de les faire découvrir au plus grand nombre, et qu’il saura toujours (plus ou moins, en fonction de son degré d’aptitude sociale à s’intégrer aux groupes) trouver les références culturelles communes à “notre” génération pour faire passer son message. Je me retrouve souvent à parler d’anim à d’autres personnes, qui ne sont bien evidemment pas forcément versées dans les séries japonaises et encore moins récentes, mais notre génération à toujours des bases communes, appelez cela l’habitus si vous voulez faire dans le sociologique et pour faire intelligent (Bourdieu, si tu m’entends…), ce qui fait que je peux leur parler d’animés “classiques” que tout le monde connait, comme Dragon Ball justement, ou tant d’autres qui nous ont bercés pendant notre jeunesse, le Club’Do tiens même, que tout le monde connait inmanquablement et qui permet en définitive d’ouvrir le sujet vers des séries plus récentes le cas échéant.
Apres cela, on tomberait presque dans le débat des differences entre nerds et geeks. D’apres moi, l’otake moyen est fondamentalement avide de partager sa passion. Il suffit de voir le nombre de blogs qui se créent - le mien ne déroge pas a la regle - qu’ils traitent de sujets passionnants ou bateaux, qu’importe tant qu’ils permettent d’assouvir ce besoin de s’ouvrir, de faire ressentir aux autres le plaisir que peut procurer sa passion. Bien evidemment, le contre-exemple existe aussi, et la on sombre dans le coté obscur de l’otakisme, tout comme le nerdisme (oui, je suis d’humeur a faire dans le néologisme, allez comprendre), qui se veut le coté méchant, élitiste, l33t même tiens, pour faire djeunz et rebelz. Mais forment ils la majorité, ou bien plus certainement - et comme dans beaucoup de cas - une minorité qui vitupère tellement qu’on ne finit que par se focaliser sur elle, quitte a oublier qu’ils ne sont finalement qu’une goutte d’eau dans la marée des “gentils”.
Sur ce, et sans me relire, je vais décuver.
L’otakuisme original, le vrai (càd pas “le notre”) est justement très côté obscur, que ce soit voulu ou par ostracisme de la part de la société japonaise.
Sais-tu qu’il serait très tentant de répondre par “Troll toi même”? :p
Très franchement, mon petit quartier libre, il est en fin de compte relativement semblable à un vieux comm que j’avais fait chez toi (là: http://www.skav.org/blog/anime-sucks#comment-2356) qui ne t’avais pas fait sauter au plafond à l’époque.
Là tu as fait semblant de ne pas comprendre ce que j’écrivais: je n’ai pas dit que l’otake devenait un vieux con, j’ai dit que l’otake traitait ceux qui le critiquaient de vieux cons à l’adolescence sans vouloir admettre que les dits “vieux cons” n’étaient pas forcément dans le tort, et qu’une fois adulte à son tour, il ne pouvait plus s’en tenir à cette posture.
Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai écrit mon texte dans le but de générer des réactions telles que la tienne, car tel n’est pas le cas, ceci dit, je m’attendais un peu à tomber sur ce genre de commentaire (quoi que là c’est carrément un blogage complet en guise de réponse…). Ce que je reproche à pas mal de “personnalités” de la communauté virtuelle de blogchan et consort (”L’Otakie”) c’est à la fois le fait de chercher à intellectualiser à l’excès les raisons qui poussent à regarder tel anime ou à faire tel jeu (ce n’est plus: “pourquoi c’est fun” mais “pourquoi s’agit-il d’une œuvre d’art”) et le fait que ce petit monde finit par vraiment se prendre pour une élite parce qu’il et capable d’emboîter des mots compliqués et de comprendre les références culturelles de tel ou tel produit.
Je n’affirme pas que l’otake devient con en vieillissant, j’affirme qu’il a tendance à devenir élitiste et snob. Et quelle est donc ta réaction? Tu me réponds dans sur ton blog en faisant une démonstration de ta maîtrise de la langue française (quoi que j’ai du mal à voir où j’ai mis des manœuvres de “connivences idéologiques”) ainsi que de tes connaissances académique (combo école de Francfort plus approche normative) et en explicitant que d’autres (qui ne sont pas cités, quel dommage) certainement plus intelligents et plus érudits que moi se sont déjà penché sur le sujet pour dire que finalement mon avis de “jeune contestataire” est sans fondement face à ces éminences.
Le problème dans l’histoire, c’est que je ne cherchais pas à faire dans l’analyse sociétale des masses, je donnais juste mon avis sur le comportement des otakes déclarés d’un petit microcosme nétien. Et qu’as tu fait? Tu as réagi d’une manière qui colle parfaitement à ma description, ce qui est d’autant plus tragi-comique que tu était d’accord avec moi il n’y a même pas un an (et moi aussi j’aime bien death note, mais que veux tu: le mettre dans “divertissement complexes qui poussent à réfléchir” c’était quand même s’exposer à ce genre de commentaire)
Mais tout le monde a tendance a devenir elitiste dans le sens ou tu l’emploie, je trouve. Que ce soit l’otake moyen qui se complaira a comparer les oeuvres, à les décortiquer pour en extraire toute la substantifique moelle et comprendre les tenants et les aboutissants d’un succès (en definitive, ce qui est fun), mais aussi le cinéphile qui lui trouvera toujours des références à gauche ou à droite pour au final étaler sa science, comme on peut le dire crument.
Maintenant je trouve aussi, et tu me diras que c’est peut etre parce que je me juge inconsciemment comme faisant partie de cette pseudo-élite, qu’un article est foncierment plus interessant quand il dresse de tels tableaux ou comparaisons, que l’argumentaire est plus étayé qu’un simple “roxx!!”. Ce sont le genre d’articles qui sont non seulement interessants à lire mais qui appellent à la reflexion et - interêt principal d’un blog - à la discussion.
Pour prendre un exemple tres terre à terre d’évolution générale de la population, il suffit de prendre les gouts musicaux. Je me rappelle encore le lycée - je sais, ca sonne vieux con blasé, mais qu’importe - à l’époque Korn était un peu le groupe à la mode, je l’endendais partout, et j’appréciais sans me poser de questions. 10 ans plus tard, quand j’en reparle à d’autres, on se rend compte qu’on a tous évolués et que même si nos gouts musicaux n’ont pas franchement changés, certains groupes ont mal vécu, ou bien on réalise qu’on était quand même sacrément pas difficiles pour apprécier certaines daubes qu’on nous vendait alors. En grandissant, en ouvrant nos habitudes culturelles à d’autres genres, en gagnant en experience on arrive justement à murir, et ce qu’on trouvait excellent à un moment peut devenir avec du recul tres mauvais. Ce n’est pas pour autant qu’on devient des vieux cons.
Des réponses o//
Déjà j’espère que tu ne comprends pas mon blabla comme “petit con”, ce qui n’était absolument pas le but visé. Mes excuses si cet angle, qui était assurément présent, a été pris au sérieux. Quand je me relis c’est effectivement l’impression logique du lecteur non averti. On prend ses risques en répondant au troll par le troll
Les “autres” cités sont justement ce qu’on regroupe généralement sous le nom d’école de Francfort (Habermas, Adorno, Marcuse, etc), qui posent cette question de l’art par rapport au divertissement, de la “sédimentation” (terme personnel) des goûts, et qui en gros proposent la construction logique derrière ce que tu dis, d’où l’incitation à aller voir ce qu’ils racontent pour prolonger le problème que je reconnais intéressant. La réflexion reste d’actualité et intelligente, même si en terme de “pouvoir d’explication” elle me satisfait peu pour les raisons exposées. Il faut vraiment que je fasse un article dessus un de ces jours. J’en profiterai pour revenir sur le débat d’il y a un an, qui justement avait des différences. Pour prendre un exemple personnel synthétique, je n’aimais pas le vin jusqu’au jour où j’ai découvert l’oenologie. Mais à cette heure-ci, dodo !
Ton deuxième paragraphe éclaire plus ton article, je ne l’avais pas vraiment vu sous cet angle.
Tu noteras que malgré mes penchants, je m’égare très peu justement sur les sujets glissants de l’art, et que ma dernière tentative pour explorer le concept à l’occasion de Byosoku 5 cm a fait un flop, car je n’avais finalement pas d’inspiration valable.
Après pour les connivences il y en a des tonnes, et je dois avouer que ça m’a agacé.
déjà un an que j’ai pondu ce texte infâme… ça nous rajeunit pas. La seule chose qui n’a pas changé ?
je suis encore Naruto
@Alviarin : L’otaku japonais est “élitiste”, avec son sens propre de l’élite. Par exemple il organise des quizz et autres concours du top otaku, du qui a été le premier a découvrir telle idole, qui a le plus de figurines, de trucs dédicacés, etc. Au contraire il ne va absolument pas chercher à partager sa passion. L’”otaku occidental” est effectivement très éloigné, il cherche au contraire l’acceptation sociale, et un des moyens les plus efficaces en est l’intellectualisation (ce où je rejoins le post de nix).
@Nix : Est-ce vraiment comme il y a un an ? Ta réponse d’autrefois part sur un exemple pour exposer un phénomène dont l’observation est effectivement pertinente, et précise l’article original. La réponse continue sur des exemples qui, s’ils sont sans doute discutables, suscitent mon approbation, et correspondent à un vécu partagé. Ton article actuel, au contraire, assène sèchement une généralisation sur L’otaku. Bref, il intellectualise. Le ton est agressif et péremptoire, la prose est émaillée de connivences idéologiques (je maintiens). Certes, le fond est proche, mais on est beaucoup plus poussé à s’opposer, notamment quand comme moi on ne supportait pas les dessins animés japonais étant petit et qu’on n’est amateur que depuis l’âge adulte.
Enfin, http://www.fantasy-forums.com/index.php?s=&showtopic=1905&view=findpost&p=67154 je suis désigné par “L’élite des francophones bouffeurs d’anime” quand j’apprécie logh :p
@ Clément : ohoh, on se renie et qualifie d’infâme son texte, alors que justement le résultat d’un an d’expérience vient le confirmer
Skav: je ne suis décidément toujours pas convaincu que ce truc que tu appelles “otaku occidental” ait une existence plus qu’anecdotique. La plupart des gens qui ont réagi à tes remarques sur le sujet ont plus ou moins laissé entendre, si je me souviens bien, qu’ils ne se reconnaissaient pas vraiment dans le portrait que tu dressais. En particulier, la dimension prosélyte que tu lui prêtes me semble très peu partagée.
En France, en tout cas, il y a bien quelque chose comme une communauté des amateurs d’animation japonaise, avec quelques événements fédérateurs (Epita, JE, etc.), des groupements d’intérêt locaux (genre clubs dans les universités ou les écoles), des commerces et des publications spécialisés, quelques codes culturels communs, une existence en ligne et depuis peu une chaîne de télé. Et cette communauté est sans doute, dans une certaine mesure, unie par un sentiment de solidarité face à la perception d’une sorte de stigmatisation sociale, médiatique, que sais-je – sur lequel un certain connard de sarkozyste a d’ailleurs capitalisé lors des dernières présidentielles, à ce qu’il paraît. Mais en dehors de cette solidarité de surface, deux amateurs français d’animation japonaise pris au hasard n’ont pas grand-chose en commun. Je suppose que si tu prêtes certaines ambitions intellectuelles à ton “otaku”, le narutard de treize ans n’entre pas dans la définition, mais même si tu te restreins à un public adulte et relativement investi dans ce passe-temps, il y a plus qu’une nuance entre le fan de Saint Seiya nostalgique, la fujoshi à la française et les blogueurs de ton agrégateur. Et je n’oserais pas une comparaison gratuite et approximative avec, mettons, la communauté gay, mais globalement je n’ai pas l’impression qu’il se dégage nettement une volonté de “partager sa passion”, comme tu dis; le sentiment dominant étant plutôt du type “je ne fais pas des efforts particuliers pour m’en cacher, mais je ne vais pas non plus importuner mes voisins avec”. À ce titre, je ne crois pas que “l’otaku français”, à supposer qu’il existe, soit très différent des otakus japonais, dont tu me parais dresser un tableau très caricatural.
Pour ce qui concerne le sujet de cet article, cela dit, je partage assez ton point de vue de nouvel amateur d’anime qui ne l’a pas été à l’adolescence. Il me semble que le “snobisme de déni” que dénonçait Nix l’an dernier est toujours aussi absent de Blogchan qu’à l’époque. Certes, le snobisme est là, et souvent revendiqué, mais il me semble toujours aussi détaché d’une supposée préoccupation d’acceptabilité sociale (enfin quoi, quand je lis raton à propos d’eroge bien trash ou Axel Terizaki et ses maids, je ne vois pas bien derrière quelle façade de respectabilité ils chercheraient à s’abriter). Par ailleurs, le snobisme en question s’accompagne sans doute, dans beaucoup de cas, d’une tentative de penser l’activité à laquelle le blogueur s’adonne et de commenter les œuvres au-delà de l’admiration béate ou du rejet monosyllabique, mais pas pour autant d’illusions délirantes sur ce qu’elles valent au plan artistique, philosophique, politique ou je ne sais quoi encore. La moindre des qualités du snob, c’est quand même de savoir reconnaître la médiocrité quand il la voit. L’onanisme bloguesque sur la profondeur du commentaire social ou le thème du retour fantasmé à l’état de nature dans Nagaserete Airantou, ce n’est pas le style de Blogchan, il me semble. N’empêche, on peut regarder Nagasarete Airantou et y prendre un plaisir certes peu sophistiqué, mais pas tout à fait aussi naïf que le spectateur qui trouverait simplement la prémisse bandante (l’intérêt principal résidant sans doute dans l’exagération grossière des poncifs du genre harem). Ce n’est pas parce qu’on regarde souvent des choses d’une qualité discutable qu’on doit nécessairement le faire en abdiquant toute exigence intellectuelle, et qu’il faudrait renoncer à pousser l’analyse plus loin que lol mdr Naruto x Sasuke c tro cho yay.
Je n’ai pas dit qu’il était prosélyte, au contraire que c’est un trait plutôt rare, mais qu’il recherche l’acceptation sociale.
Tu l’as en tout cas opposé à un otaku japonais qui ne tenterait pas à faire partager sa passion. Mais admettons qu’on parle d’acceptation sociale. Je conteste en tout cas qu’il y ait généralement une recherche active en la matière.
Ce qui est sans doute vrai, c’est qu’on ne va pas, a contrario, faire des efforts pour susciter l’incompréhension et la marginalisation — raison pour laquelle, mettons, j’avais réservé Bokusatsu Tenshi Dokuro-chan à une projection privée l’autre jour. Mais encore une fois, je ne crois pas que nous nous distinguions en cela de ce qui se fait au Japon.
Personne ne lira forcément ces lignes, mais il y a aussi un élément qui m’a semblé être oublié :
Le fait d’avoir un bagage culturel épais diminue le plaisir de voir certains anime, dont les côtés innattendus vont devenir justement beaucoup trop attendu (un peu comme écouter fushigi pururin en boucle, on finit par s’en lasser car la musique même si très belle musicalement et plein d’entrain, ne révèle plus de surprise, valable pour tout autre musique / plat de cuisine consommé abusivement).
Certains animes qui paraissaient génials étaient en effet génials, mais le fait d’avoir épaissis son bagage culturel (ou plûtot otakulturel ), ont permis de deviner exactement ce qui va se passer à tel moment (le héros va mourir? ah bah ça veut dire qu’en fait il va s’en sortir et qu’il va exploser le gros méchant avec son attaque finale…), quels phrases vont être sortis en raison de la motivation du protagoniste (pour l’honneur, pour protéger mon amour, mes amis ont confiance en moi je ne peux les décevoir, pour venger ma famille et mon village décimé par l’incendie etc…), ce qui fait que même si les animes sont aujourdhui mieux fait qu’auparavent, ils sont très généralement beaucoup trop prévisible et c’est là que certains animes vont briller (tel death note ou nhk ni youkoso) : en apportant dans le scénario des éléments completement innatendus (spoil nhk : Saito qui se met au mmorpg et qui se fait cybersex par son voisin de palier xD), et death note qui lui en est plein et dont le seul défaut serait l’absence d’humour mais ça n’a jamais été le but de la série qui en effet je la vois plus comme une série policiere qu’une série philosophique.
ps : quel magnifique exemple de branlette intellectuelle ! :p