Posted on Monday 29 May 2006
N’étant pas particulièrement satisfait de mon billet précédent je repars de zero, cette fois-ci dans un style plus littéraire. Banzai …
Devant moi se dresse l’Epita, école labellisée « geek », ce qui n’est pas pour me déplaire. Porte gardée par un vigile. Il y a deux caisses, celle des filles est affairée, celle des garçons accablée par le désoeuvrement. Je me dirige vers la première, et les hôtesses gratifient leurs adversaires d’un sourire narquois et une remarque peu amène. Me voilà affublé d’un bracelet jaune fluo, posé avec soin pour éviter l’épilation traditionnelle mais indésirable de l’avant bras qui est la contrepartie de ce genre d’ornement.
Me voici, j’y suis ! Petite pensée pour mon statut d’otaku, qui vient de gagner un niveau. Mais où vais-je bien mettre mes points cette fois-ci ?
Ayant peur tout seul avec ces gens bigarrés, déguisés, suspicieusement joyeux, je suis censé retrouver mt-i dans la foule, ainsi que l’équipe d’Animeka.
Première salle, les jeux vidéo. Le plafond est haut, la salle bien éclairée, pourtant l’ambiance est oppressante. La foule se presse devant les écrans, par petits groupes attirés par le jeu comme les insectes fréquentant une rangée de lampadaires, voletant de l’un vers l’autre, échangeant qui un mot, qui un regard. Les badauds circulent le long d’un circuit invisible, sans déranger les acteurs trop concentrés. La salle est comble, et la pression à l’entrée provoque des remous tempétueux au milieu. Sur les tables la console dernier cri côtoie les circuits imprimés racommodés de quelque antiquité. L’ambiance est fiévreuse, les cris et exclamations des participants, l’odeur de matériel électronique, les sons des jeux, le tourbillon lent des spectateurs, les écrans qui tous m’interpellent, je sors avec le vertige.
Salle suivante, les projections. Ambiance recueillie devant un premier épisode de Chrno Crusade. Rideaux tirés, chaises pliantes en demi-cercle autour de l’écran, la plupart des places sont occupées. Ceux qui partent ou arrivent se déplacent discrètement, courbés, malgré leurs bras lourdement chargés. Quelques rares discussions par chuchotements interposés. Je repère mt-i, au premier rang, et vais m’installer à ses côtés en tentant de ne pas trop déranger les nombreuses rangées qui nous séparent.
A la fin de l’épisode nous nous décidons à aller découvrir le reste, nous sortons du bâtiment et traversons la rue pour rejoindre le deuxième endroit. Un flot ininterrompu passera de l’un à l’autre pendant toute la journée, avec souvent la pause discussion ou cigarette en terrain neutre, refuge de la tranquillité entre les deux visages de la fête et de l’animation. Nous entrons donc dans la cour de l’école. Le lieu est peuplé de groupes colorés, certains assis devant la scène ou le long des murs, les autres debout rebondissent d’un côté à l’autre de la cour au fil de la conversation. Sur l’estrade s’enchaînent animations et spectacles, karaokés, quizz, danses, parodies. La foule plus ou moins attentive fluctue, se disperse lors de certains karaokés particulièrement vilains, se contracte dans une tension attentive lorsqu’il faut identifier trois génériques joués en même temps. Je tente sans succès d’apercevoir le fameux panneau d’Animeka, qui avait effrayé Raton.
Sanctuaire incongru au milieu du bruit et de l’agitation, la salle du thé. Les gamins s’agglutinent sur le pas de la porte, un sortilège doit refuser l’entrée au bandeau « Naruto ». Passage difficile, nous nous installons silencieusement contre le mur. Douce musique japonaise trop traditionnelle, posters aux murs qui tentent de masquer la nature triviale du lieu, une quelconque salle de cours. La musique à l’extérieur filtre par la porte et vient troubler le recueillement général. Par des gestes délicieusement doux et nonchalants, l’hôtesse en Yukata ouvre sa théière, considère son breuvage, remue délicatement, puis sert une petite tasse qui sera passée avec précaution à l’un des goûteurs. Les convives sont servis par ordre d’arrivée autour de la table. Une rapide estimation ne nous laisse envisager le nectar reconstituant en cette froide journée orageuse que comme la chimère d’un futur très distant. Dépités, nous migrons.
Reste le clou de la convention, la salle des mille tentations. De la cour descendons dans le garage, en bas. Très grande salle, qu’on pouvait contempler dans son ensemble depuis la descente, aux murs tapissés de dessins des passants. Poumon économique de la convention, les stands des éditeurs et associations sont ici. Sur les tables mangas, coffrets DVD, artbooks empaquetés que j’aurais tant voulu feuilleter. Ici encore on se bouscule, et si l’on a vite fait le tour des principaux éditeurs, les petites associations proposent de l’original, du bizarre, malheureusement trop cher pour ma petite bourse. Je sortirai finalement presque indemne, avec seulement un petit coffret Crest of the Stars dans ma besace.


Désolé de t’avoir raté, QCTX m’a dit t’avoir vu. Mais bon, il fallait bien que je dorme !
Quand à l’ambiance recueillie des salles de projections, on voit que tu n’étais pas avec nous lors de la diffusion du film Sakura ^^
HAHA le sortilège anti-Naruto
Franchement je t’admire pour avoir résisté à la salle des mille tentations, mon portefeuille n’a pas trop survécu à l’épreuve >
Vous préférez quel article, celui-ci ou le précédent ?
C’est deux points de vue totalement mais je préfére le précédent qui se concentrait plus sur tes ressentis et ce qui t’a marqué.
Viens de lire ton article précédant.
Bon, pas si déprimant que ça quand même.On sent que le premier jet est une réaction “a chaud” d’un newbie, tant au niveau de la forme que du fond. C’est pas vraiment un reproche dans le sens où j’ai du faire pareil (je n’ose même plus relire les reportage d’Evalegend : http://www.evalegend.com/cartoonistparis01.php)
Le deuxième article est un peu plus réfléchi, mais je regrette quand même le manque d’arguments. Ou plutôt le fait que tu porte un jugement sans avoir trop d’expérience sur certains sujet me fait malheureusement penser à d’autres articles : http://www.liberation.fr/page.php?Article=385710 par exemple.
Je sens que je vais bientôt devoir me fendre d’un dossier “Guide de l’otaku en convention”…
Mon deuxième article ne porte aucun jugement, c’est juste un recueil d’impressions, et une tentative de retranscription de l’ambiance telle que je l’ai ressentie, sous forme plus lyrique.
Effectivement l’article de libération est relativement ridicule pour quiconque était là, par contre je ne sais pas si c’est si génant que ça pour le lecteur profane de voir quelques entorses à la vérité vraie.
En article pire j’en ai un autre ici : il n’y a même pas le nom de la convention sur laquelle la journaliste devait écrire. D’ailleurs ce n’est même plus un article sur la convention en elle-même (Japan Rumble à Orléans), mais plutôt un petit historique de la période goldorak :/
Fulguro-poing! C’était le bon temps…
The Man…
news…
google earth crop circle…
news…
hum…simpa comme article