En retard : Seirei no Moribito, Lucky Star, Gurren Lagann

Posted on Saturday 27 October 2007

J’ai été au régime d’animes ces derniers temps mais ai quand même réussi à suivre les séries sus-citées. Elles méritent toutes les trois une critique un minimum travaillée, que voici.

Seirei no Moribito

Plein d’avis positifs, par exemple ici, ici ou . Et pourtant …

C’était la série qui m’avait le plus impressionné au début de la saison, notamment il faut l’avouer à cause d’un penchant excessif pour les beaux paysages asiatiques. Seirei no Moribito aurait tout pour plaire, magnifiquement réalisé, tiré d’un roman, dans un contexte qui me branche d’habitude, et pourtant ça ne colle pas. J’aurais du me passionner, et je n’ai fait que suivre mollement, à l’exception de certains épisodes plus dynamiques comme l’enfance de Balsa. C’est inquiétant lorsque même sur la fin d’une série on met de temps à autres en pause pour lire autre chose sur l’écran d’à côté.

Reconnaissons ses mérites à Seirei no Moribito. C’est extrêmement bien fait. Les paysages ont malheureusement légèrement baissé de qualité et surtout d’originalité entre les épisodes. Les combats sont magnifiquement bien animés et chorégraphiés, et même relativement réalistes.

Pour reprendre l’analyse de Cinnamon Ass, il manquait gravement de tension dramatique. On ne frissonne pas avec les personnages, on ne s’imagine pas particulièrement à leur place. On n’attend pas avec impatience l’épisode suivant. Le seul moment qui m’ait particulièrement accroché de ce point de vue est l’enfance de Balsa, seul moment où on la sent vraiment dans la doute. Sinon, comme tous les personnages à l’exception de Chagum, elle apparaît monolithique et sure d’elle-même. Pour reprendre un lien classique, ils sont plats. Le paradoxe est qu’ils sont si flegmatiques mais en même temps ne savent absolument pas quoi faire pour avancer l’histoire. Le spectateur dans son fauteuil ressent naturellement le même sentiment.

Peut-être que la mise en scène y est pour quelque chose : tout est trop parfait, l’histoire coule naturellement d’un bout à l’autre de l’épisode. Mais de l’épisode seulement. On aurait pu pourtant s’attendre avec un scénario de roman à ce qu’une forte trame lie les épisodes ensemble, mais cela ne marche pas. Il y a un décalage de rythme, certains épisodes “tranche de vie” qui cassent la tension de la poursuite, et au final le résultat est trop long pour le format série, trop court pour le format roman.

Pas mal de gens ont comparé Seirei no Moribito aux 12 royaumes. Ce dernier a précisément juste là ou Seirei échoue, et est fortement recommandé à tous ceux qui seraient passé à côté et ont un minimum apprécié Seirei.

Lucky Star

Je ne pense pas avoir que ce soit de bien original à apporter ici. Lucky Star a été joli, drôle, léger et otaku du début à la fin. Toujours un bon moment.

Gurren Lagann

Une série pour gamins attardés et autres nostalgiques vieillissants ? Que nenni, Gurren Lagann joue le ressuscité des vrais mechas de notre enfance mais se paye aussi le luxe d’être beau, drôle, divertissant et même intéressant. Pour moi il les dépasse donc largement.

Tout ce que j’avais dit auparavant reste vrai. Mais désormais on peut aller plus loin que crier “EPIC” comme tout le monde et appuyer sur l’autre point fort : Gurren Lagann est une série à la construction scénaristique exceptionnelle. C’est encore une fois l’inverse de Seirei no Moribito :

  • l’histoire est construite sur des rebondissements multiples, même si le fond est bidon
  • l’histoire avance à chaque épisode. Ils se finissent tous avec un minimum de suspense
  • les personnages font face à des choix, qui impliquent des risques
  • les personnages évoluent profondément avec le scénario, qu’ils aient une influence dessus ou se fassent transformer

C’est d’autant plus impressionnant qu’il semble avoir été pondu par des tarés sous substances, et que l’autre face de la série est le GAR et le toujours plus (se battre à coup de galaxies …).

Entre les très bons crus de cette année, Code Geass et Gurren Lagann, les producteurs auraient-ils enfin compris ce qui fait un bon mecha ?


6 Comments for 'En retard : Seirei no Moribito, Lucky Star, Gurren Lagann'

  1.  
    Aerith.
    28 October 2007 | 23:04
     

    YAY !! Des posts !! Ca faisait longtemps ! Donc Seirei bof, bof ? Dommage, enfin, je vais vérifier par moi-même tout ça, QCTX m’ayant encouragé à le regarder jusqu’au bout.

  2.  
    29 October 2007 | 0:24
     

    je suis d accord avec ce que tu ecris seirei no moribito, pas trop de suspense, et la fin ne surprend personne. Lucky star, excellent, on en redemande!

  3.  
    QCTX
    31 October 2007 | 11:39
     

    Pas mal de gens ont comparé Seirei no Moribito aux 12 royaumes. Ce dernier a précisément juste là ou Seirei échoue, et est fortement recommandé à tous ceux qui seraient passé à côté et ont un minimum apprécié Seirei.
    L’inverse étant tout aussi vrai.
    Je reproche principalement au 12R d’avoir oublie d’engager un vrai dessinateur.
    C’est bien le seul truc qui m’a empêché de voir plus de 5 ou 6 épisodes, il a fallu que j’aille vomir avant de désinfecter mon disque dur à la javel. Les 12R, plus jamais ça !
    Mais je lui reconnais une trame scénaristique plus soutenue et beaucoup moins contemplative. Peut-être un peu trop, d’ailleurs, au point qu’on est facilement perdu au début de l’histoire.
    Conclusion : Seirei, c’est beau, c’est bon, mangez-en ! Et seulement si vous n’aimez pas, rabattez-vous sur les 12R, bandes de frustrés.

  4.  
    1 November 2007 | 14:49
     

    Ah hmmm, certes, ce n’est pas la même époque et le même budget, mais c’est dommage de rater cette excellente série pour de basses considérations esthétiques.

  5.  
    4 November 2007 | 0:20
     

    Seirei, j’ai arrêté à l’épisode 1, en particulier à cause du character design encore plus repoussant à mon goût que celui des Douze Royaumes. Bon, il y avait aussi le scénario qui s’annonçait soporifique et le pseudo-japonais médiéval qui avait le dont de m’agacer un brin. Pourtant, avec I.G aux commandes, je partais avec un a priori très positif.

    Voilà d’autres « basses considérations esthétiques » aussi bien, et qui n’ont rien de secondaires à mon sens. La « culture visuelle moderne » a ceci de distinctif qu’elle est visuelle, justement.

  6.  
    8 November 2007 | 18:24
     

    Ah j’ai la fin de Seirei à regarder. De l’avis général ça reste très bien donc je verrais ce que ça donne au final. Mais bon de l’épisode 4 au 10 il ne se passe quasiment rien quand même.

    Lucky Star et Gurren Lagann tout à déjà été dit donc inutile d’écrire ce que j’en pense ^^.

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